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Penser et agir au XXIe siècle

Penser et agir au XXIe siècle

Par Guy Labouérie.(*) Brest, le 24 avril 2014.© 

On ne peut manquer d’être saisi par le spectacle actuel de notre planète et plus encore par l’impossibilité apparente des responsables en tous pays de prendre en compte sa réalité et son évolution. Pourtant de grands esprits nous en ont livré depuis longtemps des analyses qu’ils auraient pu intégrer dans leurs réflexions, comme par exemple ce que qu’écrit Paul Valéry en1938 : « Les phénomènes politiques de notre époque s’accompagnent et se compliquent d’un changement d’échelle sans exemple, ou plutôt d’un changement d’ordre des choses… Rien ne se fera plus que le monde entier ne s’en mêle et l’on ne pourra jamais prévoir ni circonscrire les suites presque immédiates de ce qu’on aura engagé… Il n’est point de génie, point de vigueur du caractère et de l’intellect, point de traditions, même britanniques, qui puissent désormais se flatter de contrarier ou de modifier à leur guise l’état et les réactions d’un univers humain auquel l’ancienne géométrie historique et l’ancienne mécanique politique ne conviennent plus du tout… »

« Qui se met à penser devient hérétique … » (Bossuet) -- Guy Labouérie à Porspoder.

Face à ce changement d’ordre l’important est de répondre à une double interrogation: comment penser notre monde et comment y agir, ce qui est en réalité un seul et même questionnement. Nous sommes, y compris dans chacun de nos pays occidentaux, un conglomérat de villages, de tribus… prêts à tout moment à se déchirer et se massacrer. C’est une des leçons des drames du Rwanda, de Tchétchénie, du Tibet, de l’Afghanistan, de l’Irak, de Syrie, du Darfour et tant d’autres y compris en Europe (ETA, Kosovo, etc.) et dans nos propres banlieues. Cela va infiniment au-delà de l’explosion des États européens par des décolonisations multiformes (politique, économique, culturelle, juridique, spirituelle…), confirme l’émiettement politique et culturel du monde transformé en archipels multiples et ne laisse pas d’inquiéter pour l’avenir si nous continuons à mélanger les notions de mondialisations essentiellement techniques, du marché, de l’information…, d’universalisme celui des valeurs mais lesquelles ? et de globalisation celle des projets qu’ils soient personnels, d’affaires ou de politique!

Dans un tel monde le penser et l’agir s’exercent de moins en moins dans des systèmes pyramidaux de type indo-européens mais dans des systèmes apparemment éclatés fonctionnant sur de toutes autres règles. Cela entraîne des attitudes de refus, de retour en arrière, de conservatismes ou d’immobilismes, se manifestant depuis la vogue des généalogies individuelles, celle des musées y compris personnels jusqu’aux intégrismes religieux, politiques ou laïcs les plus redoutables, l’enfermement dans des théories et doctrines surannées même quand elles ont fait la démonstration de leur impuissance ou de leurs crimes, et évidemment l’impossibilité d’un système d’éducation unique à l’intérieur d’un même pays… Mais il s’y ajoute plus encore l’incapacité de proposer aux populations un « sens » qui soit autre que matérialiste et une mémoire qui ne soit pas un cimetière mais une mémoire vivante c’est-à-dire élan et non ancre, dynamisme et non pas musée désabusé...

Il s’agit bien d’un changement d’ordre des choses dont les conséquences seront formidables aussi bien à l’échelle personnelle qu’à celle des entreprises, qu’elle soient ou non multi-locales, à celle des Nations comme à l’ensemble de l’humanité avec des variations évidentes aussi bien dans les solutions trouvées que dans le temps nécessaire pour y parvenir en mettant en place les liens permettant aux divers composants de se reconnaître et de former un ensemble nouveau constitué de multiples archipels. Ces archipels de la vie moderne sont nombreux et parmi les plus importants il y a ceux de la Science et ses ensembles de laboratoires et de symposiums..., de la Finance avec celui des Bourses et des grandes banques commerciales, à ne pas confondre avec les économies et leurs archipels familiaux, régionaux, nationaux... liés au précédent par les Banques, ceux de la Spiritualité que l’on croyait asséchés et dont les vagues renaissent dans les archipels des Christianismes et des Islams... celui de l’humanitaire avec ses ONG, ceux de la drogue et du crime (maffias et économie criminelle), de la violence et de l’horreur (goulag, lao gai, terrorismes divers, etc.), celui de la démographie que l’Occident européen ne veut pas connaître, avec ses immenses inconnues quantitatives et qualitatives, celui des relations internationales des États, etc. tandis qu’entre tous ces archipels acteurs et transgresseurs de toute nature génèrent un ensemble de risques, de menaces mais aussi de chances que trop de nos compatriotes oublient, avec englobant le tout, l’océan de l’Information. Cette dernière est la pièce maîtresse hors de laquelle aucune action ne s’engage avec une réelle possibilité de succès. C’est ainsi qu’elle est envisagée par le pays le plus développé en ce domaine, les États-Unis d’Amérique: « Pour les États-Unis le rôle central d’une politique étrangère à l’ère de l’information doit être de gagner la bataille des flux de l’information mondiale en dominant les ondes tout comme la Grande-Bretagne régnait autrefois sur les flots »![1] prétention évidemment inacceptable pour tous les autres mais vérité de l’Action désormais: celui qui ne maîtrisera pas son Information ne pourra être qu’un sous-traitant sans véritable autonomie.

Cette Terre-Océane est intelligible puisque c’est nous qui la faisons émerger de nos millénaires d’histoire. Aussi est-ce à nous à prendre concrètement l’avenir à notre compte et non rêver à des miracles (syndrome Jeanne d’Arc) ou nous abandonner aux vents de l’histoire (syndrome de Marx) qui n’existent pas plus les uns que les autres. Il faut trouver aujourd’hui comment se situer et comment naviguer entre ces multiples îles et archipels, avec quels objectifs et quelles finalités. Cela est aussi vieux que le monde mais alors que jusqu’ici, par la force des choses, l’espace terrestre avait presque toujours empli les esprits, l’ouverture infinie de la vitesse et de l’immatériel oblige à la prise en compte constante de la globalité des données en cause dans tout Projet.[2]

Aujourd’hui ce qu’exige avant tout la Planète-Océane, ce sont des hommes, Maîtres de la Qualité/Intelligence, indispensables pour prendre réellement en compte, chacun dans leur domaine d’activité, personnelle, d’entreprise, de politique, etc. les idées maîtresses régissant la navigation/compétition mondiale : “le flou croissant de toute situation impliquant vision globale, la substitution progressive des territoires réseaux aux territoires physiques>>> information/intelligence, la vitesse croissante de fonctionnement des services et des systèmes>>> Anticipation, la capacité permanente d’action immédiate et à terme>>> Innovation, une exigence de plus en plus grande des personnes>>> formation continue en commençant par celle des professeurs..., avec des investissements financiers et humains de plus en plus lourds et l’exacerbation de la concurrence. Cela nécessite une philosophie et une organisation de l’Action novatrices avec des bouleversements d’une telle ampleur qu’elles entraînent les réticences voire les refus de bien des pays et des personnes à les prendre en compte. On comprend le désarroi de beaucoup d’hommes politiques, mais ce désarroi n’est pas isolé, c’est celui de presque toutes les strates sociales dans toute l’Europe qui face à ces immenses inconnues se retrouvent sans énergie créatrice et donc sans dispositif efficace de leurs actions.[3]

L’énergie est une donnée essentielle à laquelle on n’attache pas assez d’importance. Elle court depuis la préparation d’une action, exigeant pour cela une méthode commune à tous les participants, jusqu’à la fin de l’exécution. C’est une donnée d’autant plus importante qu’elle fait intervenir et inter-réagir quatre énergies distinctes pour aboutir par fusion/multiplication, et non par addition, à l’énergie globale mise en œuvre dans le dispositif choisi pour agir. Il s’agit de celle, première, du Projet, celle du Patron du dispositif, celle de l’ensemble des personnels concernés, enfin celle physique des moyens matériels disponibles dans toute leur diversité et leur adaptation aux divers univers hétérogènes de l’action. Si l’on s’est beaucoup interrogé sur le concept d’énergie avec de fantastiques découvertes d’ordre physique, on s’est peu préoccupé de l’apport de la pensée européenne et surtout asiatique autour de l’énergie individuelle comme collective. Or il y a beaucoup à y apprendre. L’impact sur les personnes, aussi bien du projet auquel on veut les faire adhérer que de la personnalité du (ou des) chef qui va les conduire à l’action, est fondamental et ne découle pas seulement de l‘excellence des raisonnements, des capacités cérébrales des individus ou de la supériorité de leurs matériels comme de leur information. C’est tout cet ensemble que doit intégrer le dispositif et la construction en est très délicate, très complexe, les mathématiques n’y sont à peu près d’aucun secours pas plus que les fascinantes théories du chaos. C’est d’un autre ordre d’où l’importance qu’il faut y attacher.

Les personnes ne mettront pas en œuvre la même énergie, la même détermination, la même imagination, la même créativité,… suivant le projet et suivant ce qui leur est demandé, suivant celui qui le leur demande, le patron sur le terrain, et suivant les moyens dont ils pourront se servir. A l’époque actuelle, l’ordre brutal avec ration de vodka, tel que le faisait le maréchal Youkov lançant ses cavaliers cosaques à travers des champs de mines pour ouvrir la route des divisions blindées à préserver, ne sera ni donné, du moins dans les démocraties, ni efficace sauf peut-être chez les terroristes islamistes, la drogue physique et/ou psychologique devant largement y aider. Celui qui demande, celui qui commande, ne sera crédible que dans la mesure où ce qu’il demande, ce qu’il commande, ce qu’il délègue découle d’une vision globale énergisante. C’est comme cela qu’on renforce son efficacité et son énergie en développant l’adhésion et la créativité à tous les échelons. C’est le drame des systèmes bureaucratiques de ne jamais y arriver à cause de la danse des parapluies et de celle des mots,[4] alors qu’il faut au contraire concentrer toutes les énergies sur la finalité !

Cela n’a plus rien à voir avec la géométrie d’organigrammes établis pour des années et c’est valable pour des opérations de toute nature, civile, militaire, etc. C’est à la fois la réalité de la pieuvre des maffias méditerranéenne et l’application la plus élaborée des 36 stratagèmes du Yi King comme des recommandations de Sun Tse à travers ces notions d’Incertitude et de Foudroyance qui se renforcent l’une l’autre. Ce que l’on recherche c’est la présentation continue à l’Autre d’un espace/temps/information virtuel jusqu’au moment où l’on tentera de lui imposer l’espace/temps/intelligence réel que l’on a en Projet. Cela reste vrai que les objectifs soient très simples et d’ordre matériel ou très complexes mettant en œuvre les fondements d’une culture ou d’une civilisation à travers des forces considérables. Leur usage exige des gens capables d’envisager dans l’ensemble Espace/temps/Intelligence, avec toutes les ressources du Droit et des Médias redoutables par la pression et le flou qu’ils génèrent, la totalité des actions possibles depuis le simple lobbying ou influence jusqu’à des manœuvres bien plus complexes, amicales, concurrentielles, hostiles... en se servant de tous les moyens matériels et humains disponibles. Encore faut-il éviter d’aller aux excès, tentation classique du plus fort, et en inventant en permanence des procédés à ne jamais répéter devant le même autre sous peine d’échec ce qui fut le drame des porte-avions japonais à Midway. On peut alors concevoir ce qu’est l’Agir dans toute son ampleur où tout est en mouvement interactif. L’Autre, qu’il soit le concurrent, l’adversaire, le compétiteur, l’amoureux, le client… a lui-même son propre “terrain” multidimensionnel et c’est sur l’ensemble et les recoupements possibles de ces terrains matériels, immatériels voire spirituels que va se dérouler la rencontre. Alors qu’autrefois la question de fond pour tout acteur était la suivante: “Comment faire surgir le Temps qui permettra de gagner?” elle devient aujourd’hui: Comment faire surgir l’Espace/Temps/Intelligence/ Droit/médias qui permettra de réaliser son Projet?”

L’Espace de même que le Temps et l’Information ont changé de nature prenant de plus en plus d’importance et de complexité par une interaction grandissante qui joue sur tous leurs éléments. Cela dépasse toutes les dimensions géographiques, physiques, matérielles, quantitatives... auxquelles nous étions habitués pour s’intéresser de plus en plus aux données humaines générales et particulières rencontrées, qu’elles soient culturelles, immatérielles, virtuelles et autres. De même que le guerrier chosifié n’est plus accepté comme chair à canon, de même le consommateur ou le citoyen chosifié ne le sera pas plus dans l’avenir. Il en sera ainsi de toutes les personnes et toutes les sociétés dans chacune de leurs activités. Toutes les dimensions changent, il faut en permanence en avoir l’intelligence avec le sens du Temps. Comment en Europe, par exemple, se positionner de façon autonome avec toutes les conséquences que cela implique depuis la crédibilité de l’information jusqu’au moment des décisions à prendre puis à contrôler dans beaucoup d’activités, si l’on n’a pas Galileo, système de positionnement par satellites? C’est pour cela que les Américains ont tout tenté pour nous empêcher de le réaliser. A l’ère de l’immédiat et de l’intelligence peut-on admettre d’être aux ordres d’un tiers, fut-il un allié? Comment dans un autre domaine gouverner l’Irak si l’on est un général ou un diplomate qui ne parle pas un mot d’arabe, si l’on ne connaît rien aux Islams et si l’on n’a pas la compréhension intelligente d’un Lyautey? Comment s’étonner des échecs des Occidentaux dans les « printemps arabes » tant qu’ils se croiront en terrains connus alors qu’ils ne comprennent même pas leurs propres banlieues? Le terrain de l’Action englobe tout: géoculture, géoéconomie, géopolitique, géostratégie, etc. et malheur à celui qui ne le comprend pas et croit pouvoir laisser de côté telle ou telle donnée ou la récupérer plus tard, en particulier ce qui fait le fond passionnel de l’humain.

A la vision pyramidale vieille comme notre monde offrant une certaine sécurité avec un confort d’organisation et de commandement de masses nombreuses, permettant de considérables développements aussi bien pour les Nations en tant que telles que pour les entreprises avec Fayol, Ford, et bien d’autres, se substitue graduellement, et de plus en plus vite, une vision spatiale complexe d‘entités autonomes mobiles où le Flou règne en maître. Pour nos Anciens la pyramide n’était guère qu’un monument aux morts. On le constate aujourd’hui où ceux, personnes et sociétés qui s’obstinent à maintenir de telles organisations ne cessent de prendre du retard sur les adaptations nécessaires et sur leurs concurrents, leurs adversaires et leurs amis. L’effet le plus intéressant, c’est que seules les organisations en réseau ou organisations matricielles permettent le développement et le meilleur usage des capacités d’Innovation et d’Anticipation, hors desquelles on n’avance plus, et nécessitent plus encore les hommes de synthèse et de grande culture sans lesquels il n’est pas possible de maîtriser l’ensemble des phénomènes liés à ces dimensions fluides et plurielles. Aux habitudes et certitudes engendrées par des constructions intellectuelles géométriques et quantitatives stabilisées doivent se succéder pour résoudre toutes les questions posées par l’évolution du monde une aptitude à composer et diriger des structures évolutives devant disparaître dès que leur objet est atteint, terrifiantes perspectives pour les conservatismes de toute espèce et fragilité psychologique accrue pour tous ceux qui par nature, éducation, désinformation... ont peur du changement.

Évidemment cela exigera de tous d’immenses efforts, le premier à faire, le plus difficile, étant de fournir une information qui ne soit ni publicité, ni propagande, ni mensonge, et surtout pas l’œuvre de ces faux prophètes idéologues et religieux que l’on voit à l’œuvre dans tous les pays, préoccupés de la seule continuité de leur pouvoir. Nous prétendons être des sociétés de l’information et pourtant on entend et on voit des choses étranges qui ne peuvent que mystifier et déstabiliser ceux dont on flatte l’ignorance particulièrement à travers l’outil audiovisuel qui pourrait apporter tellement s’il avait d’autres références que le très vieil « panem et circenses »!

« Vous n’avez pas besoin d’aimer le monde qui vient… il vient » disait avec raison Chateaubriand! Qu’on l’aime ou pas, que l’on regrette le bon vieux temps ou pas, l’Humanité avance et il nous faut la prendre à bras le corps pour le bien commun. L’espace public aujourd’hui c’est l’espace de l’humanité, celui de l’homme, personne et société. L’ère de l’appropriation par la force s’éteint lentement faute de proies à saisir et la simple “quantité/force” ne sera plus jamais suffisante pour résoudre toutes les difficultés qui se posent et risque même de les aggraver. Ces manifestations seront encore nombreuses longtemps et les terrorismes comme l’économie criminelle sont là pour le rappeler. En même temps monte dans le lointain l’ère de la Qualité/Intelligence. Encore faudra-t-il qu’elle soit partagée par tous car rien ne serait pire que le partage de l’humanité en deux parties dont l’une, l’immense majorité, serait soumise à l’autre qui prétendrait faire son bonheur que ce soit matériellement ou dans des formes de gouvernement particulières.

Nous sommes entrés dans le temps de l’Intelligence seule capable de maîtriser autant que faire se peut l’hétérogénéité globale dans laquelle nous vivons. Cela implique une véritable mutation de nos façons d’être qui atteindra tous les pays et les populations de la planète, que nous le voulions ou non, avec des retards différents entraînant des conséquences parfois très difficiles à vivre. Dali a eu très vite l’intuition, caractéristique des hommes du sens, que sur cette planète désormais close sur elle-même, une solution possible viendrait de sa dimension océanique. C’est ce qu’il a mis dans un de ses tableaux, « Galatée aux sphères », où la déesse marine Galatée émerge lentement au milieu d’un flot de sphères, certes trop identiques et trop sagement alignées pour représenter notre réalité. Elle indique néanmoins une voie à suivre pour survivre dans ce monde-archipel en s’appuyant de plus en plus sur l’émergence de la femme comme égale à part entière et non plus seulement comme servante/maîtresse, comme possédant des qualités et des capacités non seulement complémentaires mais de plus en plus indispensables où l’habitude des hommes de se massacrer à longueur de leur histoire deviendrait catastrophique dans un monde fermé hétérogène si on les laissait faire.

Il y a encore bien du chemin à parcourir mais au moment où les générations de demain, où que ce soit sur la Terre-Océan, s’inquiètent d’un avenir qu’ils voient trop souvent en noir, c’est peut-être le moment d’offrir à leur formation et leur réflexion autre chose que des données et des espoirs purement matériels. L’Océan peut y aider et leur donner avec de nombreux exemples une façon de conduire leur pensée et leur action qui ne repose plus sur le couple maudit « moi – l’autre » mais sur la compréhension d’une navigation commune sur ce petit vaisseau lancé dans un Espace infini avec un complet changement dans nos façons de penser et d’agir.

Guy Labouérie

(*) Après avoir commandé l'École Supérieure de Guerre Navale et quitté la Marine, l'Amiral Labouérie s'est consacré à l'enseignement en Université et à des études de stratégie générale et de géopolitique. Élu à l'Académie de Marine, il a été notamment professeur à l'École de Guerre Économique, membre du comité stratégique de l'Institut de Locarn en Bretagne et est souvent intervenu dans diverses écoles et entreprises sur les questions de géopolitique et de stratégie.

[1] Cf. David Rothkopf.
[2] Voir  "La mer… la mer, c’est la vie du futur" de Guy Labouérie (14-04-2014).
[3] Voir  "Europe et géopolitique ?"  de Guy Labouérie (01-02-2014).
[4] Voir "De la réflexion dans les Armées" de Guy Labouérie (22-06-2012).

Chroniques de Guy Labouérie en 2014 :


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