NATO
Response Force (NRF) : Après la brillante qualification de nos armées de
l'Air et de Terre, c'est au tour de la Marine de prendre le commandement de la
Force Aéromaritime de Réaction Rapide de l'OTAN. Pour cela elle a du se
soumettre à
Naples et en mer à un dernier exercice sur le BPC Tonnerre.
La Marine nationale a ainsi prouvé qu'elle avait atteint "la pleine capacité
opérationnelle". Son état-major maritime, le "Maritime
Component Commander" a été "reconnu" par l'OTAN. Ce "MCC" composé d'une centaine de personnes
embarquées à bord du Tonnerre est placé sous les ordres du
contre-amiral Alain Hinden, COMFRMARFOR. Pour
le CEMM, l'amiral Pierre-François Forissier,
ces Bâtiments de Projection et de Commandement
sont la traduction du "concept amphibie français". Depuis le sommet de
Prague en 2002, la France a toujours soutenu la
NRF, enrichissant même le concept par l'apport de contributions
significatives avec la création d'états-majors de réaction rapide pour exercer à
terme le commandement des différentes composantes de la NRF. Qu’il s’agisse du
CFR-FR de Lille pour la composante terrestre,
certifié le 8 juin 2007; du COMFRMARFOR de Toulon,
pour la composante maritime, certifié en décembre 2005 ou
du CDAOA de Taverny, pour la composante
aérienne, certifié au printemps 2005, les trois états-majors sont désormais
qualifiés pour diriger des opérations placées sous le commandement de l'OTAN ou
de l'UE.
Le Tigre fait ses premières griffes avec le 5ème RHC :
Coproduit par la France et l’Allemagne (Eurocopter), qui en ont commandé
ensemble 160 exemplaires, le Tigre a déjà été vendu à l’Australie et à
l’Espagne. Décliné en quatre versions, la France a opté pour 70 Tigre en version
appui-protection (HAP) et 10 en version anti-char (HAC), livrables entre 2003 et
2011. Armé d’un canon de 30 mm et de 68 roquettes de 68mm, le Tigre HAP
disposera bientôt de 4 missiles Mistral et de 8 missiles air-sol guidés laser
Hellfire II. Destiné à équiper les formations aéromobiles de l'armée de terre,
les quatre premiers HAP opérationnels ont été livrés à Pau au 5ème Régiment
d’Hélicoptères de Combat où son expérimentation tactique se poursuit, avec pour
objectif l’élaboration des documents d’emploi du système d’armes et la
préparation de la projection en OPEX d’un premier module Tigre (4 HAP). Premier
hélicoptère de combat polyvalent, navalisé, cet hélicoptère de dernière
génération peut opérer sans restriction à partir d’une plateforme maritime et
intervenir de jour comme de nuit. Si l’on considère ses performances
opérationnelles, une avionique et une visiotique révolutionnaires, son armement
et une maintenance allégée, le Tigre est un hélicoptère d’exception qui ouvre
une nouvelle page dans l’histoire de l’aérocombat.
Communisme
: Disparu, le communisme ? Même si l'idée est communément admise, c'est oublier
un peu vite que plus d'un milliard de Chinois vivent encore sous ce régime, que
persiste dans certains pays de l'Europe de l'Est, parmi des couches importantes
de la population, une nostalgie de la "démocratie populaire" et que se
développe, dans les pays occidentaux, un néocommunisme qui tente une nouvelle
mue à travers l'altermondialisme. Dix ans après la parution très remarquée et
mondialement débattue du "Livre noir du communisme", traduit dans vingt-six
pays, le "dictionnaire du communisme" analyse en détail l'évolution et le
fonctionnement d'un des grands systèmes totalitaires du XXème siècle. Grâce à de
nouvelles découvertes dans les archives de l'ex-bloc soviétique par l'équipe
d'historiens qui a participé à ce travail collectif sous l'égide de
Stéphane
Courtois, on comprend comment "l'idée communiste" a pu avoir une telle emprise
en URSS, en Chine, mais aussi en Occident et dans le monde entier. Et de mieux
cerner comment elle demeure encore aujourd'hui vivace malgré la mise au jour de
la nature véritable du "système". La tentation est toujours là et avec elle, la
dimension téléologique du projet de société communiste. Une doctrine : le
léninisme, un modèle d'organisation : le parti-État, une stratégie et une
tactique commandées par les nécessités de prendre le pouvoir et de le conserver.
Avant de vendre la peau de l'ours et de faire table rase du passé, mieux vaut
s'assurer de sa vraie mort.
Polices
politiques et services secrets : Le XXème siècle aura eu le triste privilège
de voir se développer les deux pires modèles de totalitarisme : le nazisme et le
communisme. Après la conquête du pouvoir et pour mieux s'y maintenir, les
dirigeants des régimes totalitaires se sont appuyés sur des services secrets et
une police politique redoutables. Avec des prisons de sinistre renommée, la
Loubianka à Moscou pour la Tcheka, Bautzen 2 et Hohenschönhausen en RDA pour la
Stasi ou encore celle de la Securitate à Pitesti en Roumanie qui fut, d’après
François Furet, « l’une des pires expériences de déshumanisation qu’ait connue
notre époque » : les tortionnaires exigeant des détenus qu’ils torturent à leur
tour, afin de leur dénier jusqu’à leur qualité de victimes ! L'idée utopique
d'une société où l'égalité des conditions serait assurée par l'interdiction de
l'enrichissement personnel et donc par l'appropriation collective des fruits du
travail, s'est traduite dans les faits par l'enrichissement des seuls
membres du Parti... Patrick Moreau, politologue et chercheur spécialiste des
extrêmes, qui fut membre de la Commission d'enquête du Bundestag (1994-1998) sur
la chute de la dictature du SED nous fait plonger Au
cœur du système communiste : les services (1917-1990), et nous explique comment ont fonctionné ces
"organes", dont les tortionnaires
responsables de millions de morts ont bénéficié d'une incroyable
impunité, à de rares exceptions près.
Marine
:
Lors du
colloque « Les Vendéens et la mer : de la grande
pêche au Vendée Globe », le vice-amiral d'escadre Guy Labouérie (2S), membre
de
l'Académie de Marine, auteur de plusieurs ouvrages de référence,
n'a pas manqué de partager avec son auditoire vendéen son "désir
de mer" ancré au plus profond de lui. Son dernier livre, "Penser l'Océan
avec Midway" est un nouvel
acte de foi en faveur de l'Océan. Rappelant les propos de Jacqueline Tabarly
qui, en 1988, lui disait regretter que "depuis trop longtemps, nos gouvernants,
quels qu'ils soient, aient tourné le dos à la mer. Les Français sont des
Terriens... et pourtant ils ont des côtes, ils ont des bateaux... Mais ils ne
voient en la mer que des plages pour s'amuser et du poisson à manger". L'élite
politique n'a manifestement pas de projet. Qu'il s'agisse des richesses inexploitées ou mal exploitées,
les errements se multiplient et l'absence de vision dans le domaine maritime se
fait cruellement sentir. L'Océan recouvre 70% de la surface du globe. Trois
hommes sur quatre dans le monde vivent sur les côtes. 80% de nos
approvisionnements sont acheminés par voie maritime. Des chiffres qui parlent
d'eux-mêmes. Alors, comment un pays comme la
France - qui a trois façades maritimes - peut-il aussi peu se soucier de
l'urgente nécessité de "repenser l'océan" en se dotant, enfin, d'une véritable
stratégie
maritime, comme seuls les grands pays du monde ont su le faire pour asseoir leur
puissance !
Sur ce site, l'Amiral
Labouérie, a publié
treize papiers sur la bataille de Midway, sans aucun
doute, la plus grande bataille aéronavale de tous les temps. Une bataille
décisive dont l'issue a permis à l'Amérique de reprendre l'avantage sur la
flotte japonaise. Sans cette victoire, qui marquera un véritable tournant dans
la guerre du Pacifique, les Américains n'auraient jamais pu débarquer en
Normandie en juin 1944. Cette bataille remportée grâce au courage de milliers
d'hommes, de marins, d'aviateurs ou de fantassins, dont certains se sont
sacrifiés en connaissance de cause, grâce à un commandement exceptionnel, des
stratèges remarquables comme les amiraux Ernest J.
King ou
Chester W. Nimitz et grâce aux travail des "briseurs de codes"
secrets japonais, le "groupe Rochefort", sans qui cette victoire eut été
impossible. L'intérêt de cette rétrospective, au-delà de l'aspect historique,
réside bien évidemment dans les leçons que l'amiral Labouérie en a tiré avec le
recul des années pour les appliquer à la réalité d’aujourd’hui. "Penser l'Océan
avec Midway" est le plaidoyer d'un marin conscient de nos lacunes et un cri
d'alarme pour que notre état d'esprit évolue et prenne en considération les
richesses que l'Océan pourrait nous procurer..
Corruption
en Bulgarie : Selon
Euro Topics l'échec cuisant de l'Union européenne fait aujourd'hui débat en
Bulgarie. La surveillance du pays n'a "conduit à aucun recul de la corruption"
... "Depuis plus de six mois,
la Bulgarie a prétendument accompli des progrès
considérables en matière de lutte contre la criminalité et la corruption et la
Commission fait comme si elle avait suivi de près ces progrès."... "Ni les
grands criminels, ni les fonctionnaires corrompus des plus hautes sphères de
l'État ne seront inquiétés". L'arrêt de cette surveillance ne serait donc plus
"qu'une simple formalité.
Bruxelles a détruit les derniers espoirs des Bulgares qui pensaient que le salut
viendrait de l'extérieur." Pour la Banque mondiale, le Parlement européen,
la Commission, ou la presse
bulgare, le constat est identique:
les subventions européennes (des milliards d'euros par an)
sont "siphonnées" à la source
par des clans mafieux, certains s'en
vantant publiquement en toute impunité. A la veille des prochaines élections
municipales, le risque est de voir ces clans faire main basse sur le pays et ses
finances locales. Avant la présidence française, le président Sarkozy, en visite
à Sofia le 4 octobre 2007 pourrait bien rappeler les autorités bulgares à leurs
engagements et les mettre en garde contre ce "retour
aux vieux démons". Correspondance de François de Vries.
La
Force noire : En célébrant comme chaque année à Fréjus la mémoire des héros
de Bazeilles, la France a rendu le 31 août 2007 un hommage solennel à ses
tirailleurs sénégalais, victimes de l'ingratitude d'un pays qui cherchait, après
la période des indépendances, à tourner plusieurs chapitres d'une histoire
commune écrite pourtant avec du sang, de la sueur et des larmes. Seuls pendant
de longues années, les Marsouins et les Bigors de notre infanterie coloniale
entretiendront la flamme de leur sacrifice. Éric Deroo et Antoine Champeaux leur
ont consacré un
livre
émouvant et ont réalisé
un film à partir de documents d'archives
exceptionnels de l'ECPAD.
Leur histoire, c'est celle d'une
fraternité d'armes retrouvée et désormais rattachée à notre mémoire
collective. Même si ils ont été héroïsés de façon parfois caricaturale pendant
près d’un siècle, sur les supports publicitaires les plus variés, affiches,
gravures, cartes postales, le sacrifice de
cette force noire au cours de deux Guerres Mondiales est enfin reconnu.
Coopération
avec l'Afrique : Heureusement, la France a su maintenir des liens étroits
avec tous les pays de son ancien empire colonial qui le désiraient. Composante
incontournable de son action diplomatique, la "coopération militaire et de
défense" est la mission principale de la
DCMD qui a mis en place une coopération structurelle avec ses principaux
partenaires, d'où l'intégration de cette direction au sein du ministère des
Affaires étrangères dans un souci de cohérence dans la conduite de la politique
française de coopération. En Afrique, celle-ci est très largement tournée vers
le renforcement des capacités nationales, sous-régionales et régionales qui
constituent les éléments clef de la stabilisation de ce continent. Pour le
général Emmanuel Beth, cette
coopération militaire française est un facteur de stabilité en Afrique mais
aussi pour l'Europe. Parallèlement, l'École militaire
de spécialisation de l'outre-mer et de l'étranger, l'EMSOME,
maison mère des
troupes
de marine, s'est imposée aujourd'hui comme le centre de formation européen
pour tous les militaires qui partent en coopération.
Parce que partir
ne s’improvise pas, comme nous l'explique le chef d'escadron Philippe Dupas,
rédacteur-en-chef de la revue "l'Ancre
d'or-Bazeilles". Servir dans un pays étranger impose la compréhension
du milieu dans lequel le militaire et sa famille vont s’insérer, nécessitant la
connaissance des caractéristiques géographiques, historiques, économiques et
géopolitiques. L’EMSOME a ainsi formé en 2006 vingt-cinq mille stagiaires,
militaires et conjoints, personnels civils de la Défense, personnels d’autres
ministères et même du secteur privé.
Défense
spatiale : Présenté pour la première fois en juin 2007 au Salon du Bourget
par le CDAOA, le radar GRAVES (Grand Réseau Adapté à la VEille Spatiale),
constitue "l'avant-garde d'une défense spatiale française" ... "Avec la mise en
service de ce Grand Réseau Adapté à la VEille Spatiale, la France entre dans le
club très fermé des puissances capables d’assurer, au moins en partie mais de
façon autonome et opérationnelle, la surveillance de l’espace." comme l'explique
le général de
Corps Aérien Patrick de Rousiers. A la lumière de tous les conflits récents,
on a pu voir que les moyens spatiaux jouaient désormais un rôle décisif.
L’espace "en voie d'arsenalisation" est devenu un enjeu stratégique majeur :
pour ces raisons, sa maîtrise est désormais prise en compte dans l’élaboration
même de notre stratégie de défense. Si la France entend assurer sa sécurité,
garantir son autonomie de décision et d’appréciation, pour mieux assumer ses
responsabilités internationales, elle se doit de disposer à la fois de capacités
d’anticipation, d’évaluation des crises et de conduite des opérations.
Guerre
de l'information : Qu’y a-t-il donc de changé à l’ère d’Internet et de
l’infoguerre, à "une époque dominée par les 4 M" ? (Marchés, Mondialisation,
Médias et Morale). Pour conserver une légitimité durable sur le contrôle des
affaires du monde, les Américains entendent faire de l'Information (Information
dominance) une de leurs grandes priorités, car "seule une maîtrise absolue de la
production des connaissances en amont (circuits éducatifs) et en aval (Internet,
médias audiovisuels)" peut les y aider. Il est temps pour les Européens d'en
tirer toutes les conséquences et de relever ce défi.
François-Bernard Huyghe
auteur de "l'ennemi à l'ère numérique"est de ceux qui viennent de publier
la guerre
cognitive ou la guerre de la connaissance aux
Éditions
Lavauzelle. Si l'Intelligence
économique après
plusieurs tentatives infructueuses de mise en œuvre constitue sans aucun
doute
une des réponses aux enjeux du 21ème siècle comme le démontre Alain Juillet,
l'infostratégie
en est une deuxième. Dans notre monde moderne qui voit "l’influence
géoéconomique et culturelle faire jeu égal avec le pouvoir des armes", "le rôle
dominant du fort est moins d’exprimer sa force par le feu que par la
persuasion". Il faut donc s'intéresser de près aux
nouveaux outils
de la guerre économique, comme l'a fait Xavier Leonetti pour qui
communication et désinformation sont devenues "les instruments tactiques de
stratégies d'expansion et de domination. Le fait événementiel perdant de sa
valeur au profit de ses répercussions médiatiques et économiques".
Marine
et globalisation : « Dans notre monde hétérogène fermé, le renouvellement de
notre pensée et de nos moyens doit se concevoir avec l’aide de Métis,
l’intelligence rusée des Grecs, en s’appuyant sur les modes de pensée et d’agir
de l’Asie et sur les raisons pour lesquelles ceux qui ont eu la maîtrise de
l’Océan - espace mondial - ont toujours gagné sur les empires depuis 1763. Cela
permettrait d’y combiner les nouveaux domaines de maîtrise mondiale
indispensable que sont l’espace, l’information, le commerce international et les
technologies d’avenir. » En écoutant
le discours du Dr Nq Enq Hen, vice-ministre de la défense de Singapour, on a
l'impression, à
propos de "Stratégie", que le constat que dresse l'Amiral Guy Labouérie
trouve plus d'écho en Asie qu'en France, pays qui a pourtant trois façades
maritimes, comme si nous ignorions que 80% des échanges commerciaux dans le
monde transitaient par voie maritime. Notre Correspondant en Asie,
Patrice Théry, qui a suivi le
salon naval IMDEX 07 nous
parle du prochain programme majeur engagé par la marine singapourienne
concernant la
création d'une force sous-marine. Une décision qui s'explique par la volonté
de Singapour de s'affirmer désormais comme une puissance régionale.
Nicolas Sarkozy, vu de l'étranger : Ils sont nombreux
à penser que les Français auraient "plus voté pour l'homme que pour son projet",
jugeant la France "pas encore prête pour un choc libéral" tel que celui que
Madame Thatcher avait fait subir à la Grande-Bretagne. Comme le précise Matthew
Parris dans le
Times de Londres: « Si le pays souhaite la fin, il n'approuve pas les
moyens ». En Allemagne, il est paradoxal de voir que si "la droite attendait
Sarkozy", elle redoute aujourd'hui que ses réformes ne remettent en cause
certains "acquis sociaux" en s'attaquant aux privilèges de certaines catégories,
avec toutes les conséquences pour l'Allemagne d'une crise politique et sociale
majeure en France. Dans ce premier papier d'une série à venir,
Nicolas Sarkozy
vu par les Allemands, une semaine après son entrée en fonction à l'Élysée,
Michael Hellerforth nous fait connaître le sentiment et les attentes qui
prévalent de l'autre côté du Rhin, où l'on a particulièrement apprécié le geste
de sa visite à Berlin, le jour même de sa prise de fonction à l'Élysée et sa
déclaration :
pour la France, l'amitié franco-allemande est sacrée. Concrètement, c'est
avec EADS et Airbus que les Allemands attendent, avant le grand rendez-vous du
Bourget en juin, pour juger le nouveau président sur ses actes.
Politique française : En accordant 53,01% de leurs
suffrages à Nicolas Sarkozy, les Français se sont donc
clairement prononcés pour son programme au terme d'une longue
campagne électorale, dont on peut imaginer qu'elle se traduira par un
rajeunissement des hommes et par un changement de style. Dés son installation à l'Élysée,
le nouveau président a désigné son Premier ministre:
François Fillon,
qui a formé son
gouvernement. On retiendra la désignation d'Hervé
Morin à la Défense, de
Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur et celle de
Bernard Kouchner aux Affaires étrangères et européennes. Quelque soit le
consensus droite-gauche en la matière, la défense suscite
en France un
débat politique singulier comme le démontre Emmanuel Sérot dans un guide qui
s'avère une clef précieuse pour les profanes. Après les engagements
solennels pris par Nicolas Sarkozy de ne "pas baisser la garde", avec des budgets limités,
la LPM pourra t-elle être respectée et l'effort financier maintenu? Qu'en sera t-il
des réserves? Celle de l'armée de Terre après la professionnalisation est en
train de rebondir avec
l'esprit de
renouveau qui habite l'ANRAT, même si elle est encore loin d'atteindre les
objectifs... Que
propose Nicolas Sarkozy en matière de défense nationale ? Antoine Philippe
revient sur les propos du candidat Sarkozy.
Intelligence économique :
L’Intelligence
économique : une réponse aux enjeux du 21ème siècle? La vision d'Alain Juillet
est celle de "l'État-stratège" qui doit
s’impliquer dans la
démarche d’Intelligence économique, n'hésitant pas à
concilier
l'inconciliable. Alors que l'élargissement et la
mondialisation semblent s'être transformés en
"éléments déstabilisateurs" pour
le modèle européen classique, comment retrouver l'équilibre entre dynamisme
économique et dimension sociale ? Partisan d'une démarche plus "offensive" "dans
une économie globalisée", comme l'exige toute compétition, que de mesures à
"l’aspect purement défensif", Alain Juillet a pris son bâton de pèlerin, persuadé
que l'Intelligence économique était bien une
des réponses aux enjeux du 21ème siècle. A l’heure où celle-ci commence à être prise en compte par de nombreux acteurs, il
était donc intéressant de faire un essai de synthèse des rapports, articles et
autres réflexions de tous ceux qui en France et dans le monde essaient d’en dépasser la
perception réductrice, pour l’intégrer
dans une vision géopolitique du futur qui lui donne une toute autre dimension.
Après plus de trois années passées sur le terrain depuis sa nomination en
janvier 2004 comme "Haut Responsable Chargé de l’Intelligence économique" au
SGDN, M. Juillet a réservé à la revue Défense
le fruit de ses
réflexions personnelles, en livrant quelques clés fort utiles pour approfondir
les perspectives auxquelles il vaut mieux se préparer.
Armement : L'année 2006 a été marquée par quelques
succès indéniables à l'exportation par quelques grands groupes français et
européens. Mais elle aura été aussi fragilisée par des combats de coqs gaulois
qui se sont avérés destructeurs dans certaines sociétés dont l'image de marque
aura même été atteinte. La clé de la réussite tenant parfois à certains hommes, à
ceux notamment qui savent "constituer autour d'eux une équipe respectueuse des
différences et des compétences". Dans tous les domaines d'excellence qui
touchent à la défense (aéronautique, espace, armement), parmi les grandes
réussites mondiales, citons
MBDA : une
société au cœur des grands projets européens et son président Marwan Lahoud
dont on parle pour seconder Louis Gallois en succédant à Jean-Paul Gut, sur le
départ. Les experts de toute tendance reconnaissent que
MBDA est devenue
en quelques années un "modèle de société européenne intégrée". C'est sans doute
pour toutes ces qualités que Marwan Lahoud a été choisi. A la création d’EADS en
juillet 2000, nommé Senior Vice President Mergers and Acquisitions, il
était à ce titre en charge des opérations de fusions et acquisitions d’EADS,
comme la création des sociétés Airbus, MBDA,
Astrium et
EDSN. La France possède
encore des grands capitaines d'industrie que l'Europe et parfois les États-Unis
nous envient. Le prochain rendez-vous du Bourget et le discours de clôture du
nouveau Premier ministre devraient confirmer la volonté affichée par le
président Sarkozy dans ce domaine, qui connaît déjà bien les volets
économiques de ces dossiers, d'habituer les Français à une "culture de résultat".
Cet article diffusé dans le revue Défense est reproduit ici avec
l'aimable autorisation de son rédacteur en chef, Richard Labévière.
Opérations extérieures
: Sur les 37.000 militaires déployés hors de l'hexagone, 15.000 Français sont actuellement engagés dans des opérations extérieures (OPEX),
principalement dans les Balkans, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan et au Liban.
Mais avec l'envoi de la FINUL II renforcée au Liban,
quelque chose a
changé dans la gestion des crises, comme nous l'explique Joël-François
Dumont. Les règles d'engagement sont plus claires, les consignes plus
explicites et l'usage de la force armée n'est plus exclu, mais légitime pour faire respecter les termes du mandat donné par l'ONU
qui n'est plus sujet à interprétation. Cette "révision à la hausse des
règles d'engagement" est saluée par le G2S qui se félicite de voir "cette
force" disposer "désormais d’une chaîne de commandement raccourcie et réactive,
reliée à un centre opérationnel spécifique, totalement dédié à la mission,
implanté au siège de l’ONU et armé par des militaires" d'autant que "la
contribution de plusieurs pays de l’Union européenne devrait assurer à la
nouvelle FINUL une colonne vertébrale solide
constituée d’unités aguerries, aux capacités complémentaires, possédant une
culture opérationnelle commune".
Renseignement : Ces hommes
sont des "capteurs humains" qui appartiennent au
2ème Régiment de Hussards, l'un de nos régiments d'élite exclusivement dédié à la
recherche du
renseignement d’origine humaine, véritable spécificité de l'AdT.
Seul régiment de la Force d’Action Terrestre de ce type depuis le passage du 13ème
Dragons Parachutistes au sein de la Brigade des Forces Spéciales, le 2ème
Hussards fait partie de la Brigade de Renseignement basée à Metz, laquelle
regroupe tous les capteurs renseignement spécialisés de l’armée de terre
française. Les unités du 2ème RH se retrouvent dans toutes les OPEX. Leur
rôle est d'infiltrer, généralement de nuit et dans la profondeur du
dispositif adverse, des patrouilles de deux véhicules blindés légers sur les
arrières ennemis pour "renseigner sur des objectifs clefs"
comme le "pratiquaient en leur temps les patrouilles du Long Range Desert Group
ou des SAS du Colonel Stirling, dont la compagnie française du Capitaine Bergé,
dans les déserts égyptien ou de Cyrénaïque". Présent sur tous les théâtres d'opérations, le
2ème RH est un régiment moderne, considéré comme
un modèle particulièrement bien adapté aux crises actuelles.
Europe : Pour la première fois de son histoire, le pays de Goethe et de
Bismarck est dirigé par
une femme. Parfois
comparée à Madame Thatcher surnommée "la dame de fer", Angela Merkel est
pourtant d'un tempérament bien différent. Avec elle on pourrait imaginer "une main de fer dans
un gant de velours". Ceux qui avaient compté ses jours à la Chancellerie avec une grande coalition CDU-CSU-SPD
après la défaite de Gerhard Schröder, avaient sous-estimé sa pugnacité. Elle tient toujours
la barre, "avec fermeté et avec le sourire". Ses homologues se sont vite rendus compte qu'Angela
Merkel avait à la fois une méthode de gouvernement et une vision, ce qui
explique sans doute aujourd'hui le succès qu'elle rencontre et l'estime dont
elle jouit en Allemagne, mais aussi en France, comme dans le reste de l'Europe. Ses premières visites ont été
symboliques : Bruxelles et Paris. A Strasbourg, devant le Parlement
européen, elle a réaffirmé sa "foi" dans une Europe "qui choisit expressément les
solutions européennes lorsqu'elle veut et doit agir ensemble pour faire face aux
défis du XXIème siècle". Pour cela dit-elle, il faut "de la tolérance", si l'on
veut trouver
l'âme de l'Europe. Relever les défis posés par une "Europe qui doit certes
reformuler son orientation vers l'extérieur", mais qui "doit aussi se redéfinir
à l'intérieur" tout en garantissant "la prospérité, la croissance, l'emploi et
la sécurité sociale", en préservant et en développant "le modèle européen de
l'État providence".
Artillerie :
L'artillerie française en un siècle et demi a été à l'origine de plusieurs
inventions qui ont révolutionné l'art de la guerre, parmi lesquelles on compte
au moins une vingtaine de systèmes d'armes innovants. C'est le cas du célèbre "canon
de 75, modèle 1897", qui fut le premier canon à tir rapide au monde. Le "75",
homologué en 1897, créa une révolution dans l'artillerie (les canons modernes
utilisent toujours son système).
Du célèbre canon
de 75 à la révolution de l'information, le pas a été franchi par le 61ème
RA, digne successeur des fameux "diables noirs" du 61ème RAC. Au sein du dispositif de la Brigade de Renseignement,
ces artilleurs jouent
un rôle essentiel. Ils disposent de toute une panoplie de drones tactiques, lents ou rapides, de
missiles ou de bouches à feu diverses, ainsi que d'une cellule d’exploitation multisources et
d'un système d’aide à
l’interprétation multisources (SAIM), chargée de la réalisation de dossiers
d’objectifs, incluant des images provenant de différents capteurs (satellites,
drones, Mirage F1 CR, unité de recueil de renseignement d’origine humaine ou
électromagnétique). De quoi préparer les opérations en évitant les dégâts
collatéraux lors de frappes ou pour permettre un maximum d’efficacité lors
d'opérations de recherche.
Désinformation
: Il y a un an an, les médias s'emparaient de
l'affaire de l'ex-Clemenceau, dans laquelle
la France a été
victime du "politiquement correct" comme l'a souligné Francis Vallat,
président de l'Institut
Français de la Mer. L'écume médiatique est aujourd'hui bien retombée,
et l'ancien fleuron de la Royale continue d'être désamianté dans le port de
Brest. Alors que Greenpeace France montait une campagne médiatique internationale,
mettant en
œuvre des moyens
considérables, au même moment le responsable de Greenpeace
États-Unis, John Passacantando, disait devant les caméras de France 2 que le
fait que l'US Navy puisse couler le porte-avions USS Oriskany le 16
février 2006 au large de la Floride n'était "pas un problème". Déjà, l'un des
plus gros porte-avions au monde, l'USS America avait été coulé le 14
mai 2005 par 2000 mètres de fond à 60 nautiques au large de la Caroline du Nord,
sans que l'organisation écologique ne trouve à redire. On comprend pourquoi Ben Metcalfe, le fondateur de Greenpeace, se comparant au père de Frankenstein a pu
écrire : « j'ai créé le monstre. Il nous a éliminé ». En tout cas
l'image de marque
et la crédibilité
de Greenpeace en France en ont pris un sérieux coup. Aujourd'hui en Inde, de
nombreux navires continuent d'être désamiantés, comme par le passé, dans une indifférence générale. C'est à se
demander où sont passés nos "journalistes d'investigation" et démontre
à quel point cette ONG
est capable d'être sélective.