Photo du BPC Tonnerre croisant au large de l'Ex-Yougoslavie pendant les manœuvres Noble Midas. Photo © Marine nationale.NATO Response Force (NRF) : Après  la brillante qualification de nos armées de l'Air et de Terre, c'est au tour de la Marine de prendre le commandement de la Force Aéromaritime de Réaction Rapide de l'OTAN. Pour cela elle a du se soumettre à Naples et en mer à un dernier exercice sur le BPC Tonnerre. La Marine nationale a ainsi prouvé qu'elle avait atteint "la pleine capacité opérationnelle". Son état-major maritime, le "Maritime Component Commander" a été "reconnu" par l'OTAN. Ce "MCC" composé d'une centaine de personnes embarquées à bord du Tonnerre est placé sous les ordres du contre-amiral Alain Hinden, COMFRMARFOR. Pour le CEMM, l'amiral Pierre-François Forissier, ces Bâtiments de Projection et de Commandement sont la traduction du "concept amphibie français". Depuis le sommet de Prague en 2002, la France a toujours soutenu la NRF, enrichissant même le concept par l'apport de contributions significatives avec la création d'états-majors de réaction rapide pour exercer à terme le commandement des différentes composantes de la NRF. Qu’il s’agisse du CFR-FR de Lille pour la composante terrestre, certifié le 8 juin 2007; du COMFRMARFOR de Toulon, pour la composante maritime, certifié en décembre 2005 ou du CDAOA de Taverny, pour la composante aérienne, certifié au printemps 2005, les trois états-majors sont désormais qualifiés pour diriger des opérations placées sous le commandement de l'OTAN ou de l'UE.

Photo © Joël-François Dumont.Le Tigre fait ses premières griffes avec le 5ème RHC : Coproduit par la France et l’Allemagne (Eurocopter), qui en ont commandé ensemble 160 exemplaires, le Tigre a déjà été vendu à l’Australie et à l’Espagne. Décliné en quatre versions, la France a opté pour 70 Tigre en version appui-protection (HAP) et 10 en version anti-char (HAC), livrables entre 2003 et 2011. Armé d’un canon de 30 mm et de 68 roquettes de 68mm, le Tigre HAP disposera bientôt de 4 missiles Mistral et de 8 missiles air-sol guidés laser Hellfire II. Destiné à équiper les formations aéromobiles de l'armée de terre, les quatre premiers HAP opérationnels ont été livrés à Pau au 5ème Régiment d’Hélicoptères de Combat où son expérimentation tactique se poursuit, avec pour objectif l’élaboration des documents d’emploi du système d’armes et la préparation de la projection en OPEX d’un premier module Tigre (4 HAP). Premier hélicoptère de combat polyvalent, navalisé, cet hélicoptère de dernière génération peut opérer sans restriction à partir d’une plateforme maritime et intervenir de jour comme de nuit. Si l’on considère ses performances opérationnelles, une avionique et une visiotique révolutionnaires, son armement et une maintenance allégée, le Tigre est un hélicoptère d’exception qui ouvre une nouvelle page dans l’histoire de l’aérocombat.

Le dictionnaire du communisme, sous la direction de Stéphane Courtois, est publié aux Éditions Larousse.Communisme : Disparu, le communisme ? Même si l'idée est communément admise, c'est oublier un peu vite que plus d'un milliard de Chinois vivent encore sous ce régime, que persiste dans certains pays de l'Europe de l'Est, parmi des couches importantes de la population, une nostalgie de la "démocratie populaire" et que se développe, dans les pays occidentaux, un néocommunisme qui tente une nouvelle mue à travers l'altermondialisme. Dix ans après la parution très remarquée et mondialement débattue du "Livre noir du communisme", traduit dans vingt-six pays, le "dictionnaire du communisme" analyse en détail l'évolution et le fonctionnement d'un des grands systèmes totalitaires du XXème siècle. Grâce à de nouvelles découvertes dans les archives de l'ex-bloc soviétique par l'équipe d'historiens qui a participé à ce travail collectif sous l'égide de Stéphane Courtois, on comprend comment "l'idée communiste" a pu avoir une telle emprise en URSS, en Chine, mais aussi en Occident et dans le monde entier. Et de mieux cerner comment elle demeure encore aujourd'hui vivace malgré la mise au jour de la nature véritable du "système". La tentation est toujours là et avec elle, la dimension téléologique du projet de société communiste. Une doctrine : le léninisme, un modèle d'organisation : le parti-État, une stratégie et une tactique commandées par les nécessités de prendre le pouvoir et de le conserver. Avant de vendre la peau de l'ours et de faire table rase du passé, mieux vaut s'assurer de sa vraie mort.

Patrick Moreau. Photo © Joël-François Dumont.Polices politiques et services secrets : Le XXème siècle aura eu le triste privilège de voir se développer les deux pires modèles de totalitarisme : le nazisme et le communisme. Après la conquête du pouvoir et pour mieux s'y  maintenir, les dirigeants des régimes totalitaires se sont appuyés sur des services secrets et une police politique redoutables. Avec des prisons de sinistre renommée, la Loubianka à Moscou pour la Tcheka, Bautzen 2 et Hohenschönhausen en RDA pour la Stasi ou encore celle de la Securitate à Pitesti en Roumanie qui fut, d’après François Furet, « l’une des pires expériences de déshumanisation qu’ait connue notre époque » : les tortionnaires exigeant des détenus qu’ils torturent à leur tour, afin de leur dénier jusqu’à leur qualité de victimes ! L'idée utopique d'une société où l'égalité des conditions serait assurée par l'interdiction de l'enrichissement personnel et donc par l'appropriation collective des fruits du travail, s'est traduite dans les faits  par l'enrichissement des seuls membres du Parti... Patrick Moreau, politologue et chercheur spécialiste des extrêmes, qui fut membre de la Commission d'enquête du Bundestag (1994-1998) sur la chute de la dictature du SED nous fait plonger Au cœur du système communiste : les services (1917-1990), et nous explique comment ont fonctionné ces "organes", dont les tortionnaires responsables de millions de morts ont bénéficié d'une incroyable impunité, à de rares exceptions près.

"Penser l'Océan avec Midway" est publié aux Éditions L'esprit du livre.Marine : Lors du colloque « Les Vendéens et la mer : de la grande pêche au Vendée Globe », le vice-amiral d'escadre Guy Labouérie (2S), membre de l'Académie de Marine, auteur de plusieurs ouvrages de référence, n'a pas manqué de partager avec son auditoire vendéen son "désir de mer" ancré au plus profond de lui. Son dernier livre, "Penser l'Océan avec Midway" est un nouvel acte de foi en faveur de l'Océan. Rappelant les propos de Jacqueline Tabarly qui, en 1988, lui disait regretter que "depuis trop longtemps, nos gouvernants, quels qu'ils soient, aient tourné le dos à la mer. Les Français sont des Terriens... et pourtant ils ont des côtes, ils ont des bateaux... Mais ils ne voient en la mer que des plages pour s'amuser et du poisson à manger". L'élite politique n'a manifestement pas de projet. Qu'il s'agisse des richesses inexploitées ou mal exploitées, les errements se multiplient et l'absence de vision dans le domaine maritime se fait cruellement sentir. L'Océan recouvre 70% de la surface du globe. Trois hommes sur quatre dans le monde vivent sur les côtes. 80% de nos approvisionnements sont acheminés par voie maritime. Des chiffres qui parlent d'eux-mêmes. Alors, comment un pays comme la France - qui a trois façades maritimes - peut-il aussi peu se soucier de l'urgente nécessité de "repenser l'océan" en se dotant, enfin, d'une véritable stratégie maritime, comme seuls les grands pays du monde ont su le faire pour asseoir leur puissance !

Le vice-amiral d'escadre Guy Labouérie (2S) a quitté la Marine Nationale en 1992 après 39 ans de service actif. Photo © Françoise Labouérie (mai 2005).Sur ce site, l'Amiral Labouérie, a publié treize papiers sur la bataille de Midway, sans aucun doute, la plus grande bataille aéronavale de tous les temps. Une bataille décisive dont l'issue a permis à l'Amérique de reprendre l'avantage sur la flotte japonaise. Sans cette victoire, qui marquera un véritable tournant dans la guerre du Pacifique, les Américains n'auraient jamais pu débarquer en Normandie en juin 1944. Cette bataille remportée grâce au courage de milliers d'hommes, de marins, d'aviateurs ou de fantassins, dont certains se sont sacrifiés en connaissance de cause, grâce à un commandement exceptionnel, des stratèges remarquables comme les amiraux Ernest J. King ou Chester W. Nimitz et grâce aux travail des "briseurs de codes" secrets japonais, le "groupe Rochefort", sans qui cette victoire eut été impossible. L'intérêt de cette rétrospective, au-delà de l'aspect historique, réside bien évidemment dans les leçons que l'amiral Labouérie en a tiré avec le recul des années pour les appliquer à la réalité d’aujourd’hui. "Penser l'Océan avec Midway" est le plaidoyer d'un marin conscient de nos lacunes et un cri d'alarme pour que notre état d'esprit évolue et prenne en considération les richesses que l'Océan pourrait nous procurer..

Sergeï Stanishev, Premier ministre bulgare, reçu par Joaquín Almunia à Bruxelles le 27.09.2007 pour la signature du premier programme opérationnel bulgare. Photo © Communauté européenne, 2007.Corruption en Bulgarie : Selon Euro Topics l'échec cuisant de l'Union européenne fait aujourd'hui débat en Bulgarie. La surveillance du pays n'a "conduit à aucun recul de la corruption" ... "Depuis plus de six mois, la Bulgarie a prétendument accompli des progrès considérables en matière de lutte contre la criminalité et la corruption et la Commission fait comme si elle avait suivi de près ces progrès."... "Ni les grands criminels, ni les fonctionnaires corrompus des plus hautes sphères de l'État ne seront inquiétés". L'arrêt de cette surveillance ne serait donc plus "qu'une simple formalité. Bruxelles a détruit les derniers espoirs des Bulgares qui pensaient que le salut viendrait de l'extérieur." Pour la Banque mondiale, le Parlement européen, la Commission, ou la presse bulgare, le constat est identique: les subventions européennes (des milliards d'euros par an) sont "siphonnées" à la source par des clans mafieux, certains s'en vantant publiquement en toute impunité. A la veille des prochaines élections municipales, le risque est de voir ces clans faire main basse sur le pays et ses finances locales. Avant la présidence française, le président Sarkozy, en visite à Sofia le 4 octobre 2007 pourrait bien rappeler les autorités bulgares à leurs engagements et les mettre en garde contre ce "retour aux vieux démons". Correspondance de François de Vries.

Photo d'archive de tirailleurs sénégalais à Verdun © EMSOME.La Force noire : En célébrant comme chaque année à Fréjus la mémoire des héros de Bazeilles, la France a rendu le 31 août 2007 un hommage solennel à ses tirailleurs sénégalais, victimes de l'ingratitude d'un pays qui cherchait, après la période des indépendances, à tourner plusieurs chapitres d'une histoire commune écrite pourtant avec du sang, de la sueur et des larmes. Seuls pendant de longues années, les Marsouins et les Bigors de notre infanterie coloniale entretiendront la flamme de leur sacrifice. Éric Deroo et Antoine Champeaux leur ont consacré un livre émouvant et ont réalisé un film à partir de documents d'archives exceptionnels de l'ECPAD. Leur histoire, c'est celle d'une fraternité d'armes retrouvée et désormais rattachée à notre mémoire collective. Même si ils ont été héroïsés de façon parfois caricaturale pendant près d’un siècle, sur les supports publicitaires les plus variés, affiches, gravures, cartes postales, le sacrifice de cette force noire au cours de deux Guerres Mondiales est enfin reconnu.

Le général de corps d'armée Emmanuel Beth, Directeur de la coopération militaire et de défense. Photo © DCMD.Coopération avec l'Afrique : Heureusement, la France a su maintenir des liens étroits avec tous les pays de son ancien empire colonial qui le désiraient. Composante incontournable de son action diplomatique, la "coopération militaire et de défense" est la mission principale de la DCMD qui a mis en place une coopération structurelle avec ses principaux partenaires, d'où l'intégration de cette direction au sein du ministère des Affaires étrangères dans un souci de cohérence dans la conduite de la politique française de coopération. En Afrique, celle-ci est très largement tournée vers le renforcement des capacités nationales, sous-régionales et régionales qui constituent les éléments clef de la stabilisation de ce continent. Pour le général Emmanuel Beth, cette coopération militaire française est un facteur de stabilité en Afrique mais aussi pour l'Europe. Parallèlement, l'École militaire de spécialisation de l'outre-mer et de l'étranger, l'EMSOME, maison mère des troupes de marine, s'est imposée aujourd'hui comme le centre de formation européen pour tous les militaires qui partent en coopération. Parce que partir ne s’improvise pas, comme nous l'explique le chef d'escadron Philippe Dupas, rédacteur-en-chef de la revue "l'Ancre d'or-Bazeilles". Servir dans un pays étranger impose la compréhension du milieu dans lequel le militaire et sa famille vont s’insérer, nécessitant la connaissance des caractéristiques géographiques, historiques, économiques et géopolitiques. L’EMSOME a ainsi formé en 2006 vingt-cinq mille stagiaires, militaires et conjoints, personnels civils de la Défense, personnels d’autres ministères et même du secteur privé.

Site émission du radar GRAVES. Photo © Armée de l'air.Défense spatiale : Présenté pour la première fois en juin 2007 au Salon du Bourget par le CDAOA, le radar GRAVES (Grand Réseau Adapté à la VEille Spatiale), constitue "l'avant-garde d'une défense spatiale française" ... "Avec la mise en service de ce Grand Réseau Adapté à la VEille Spatiale, la France entre dans le club très fermé des puissances capables d’assurer, au moins en partie mais de façon autonome et opérationnelle, la surveillance de l’espace." comme l'explique le général de Corps Aérien Patrick de Rousiers. A la lumière de tous les conflits récents, on a pu voir que les moyens spatiaux jouaient désormais un rôle décisif. L’espace "en voie d'arsenalisation" est devenu un enjeu stratégique majeur : pour ces raisons, sa maîtrise est désormais prise en compte dans l’élaboration même de notre stratégie de défense. Si la France entend assurer sa sécurité, garantir son autonomie de décision et d’appréciation, pour mieux assumer ses responsabilités internationales, elle se doit de disposer à la fois de capacités d’anticipation, d’évaluation des crises et de conduite des opérations.

"La guerre cognitive : L'arme de la connaissance", sous la direction de C. Harbulot et D. Lucas, publié aux Éditions Lavauzelle), avec les textes de Philippe Baumard, Christian Harbulot, François-Bernard Huyghe, Didier Lucas, Nicolas Moinet, Charles Prats, Claude Rainaudi, Alain Tiffreau, Jean-Michel Valantin, « Promotion 2002 de l’École de Guerre Économique ».Guerre de l'information : Qu’y a-t-il donc de changé à l’ère d’Internet et de l’infoguerre, à "une époque dominée par les 4 M" ? (Marchés, Mondialisation, Médias et Morale). Pour conserver une légitimité durable sur le contrôle des affaires du monde, les Américains entendent faire de l'Information (Information dominance) une de leurs grandes priorités, car "seule une maîtrise absolue de la production des connaissances en amont (circuits éducatifs) et en aval (Internet, médias audiovisuels)" peut les y aider. Il est temps pour les Européens d'en tirer toutes les conséquences et de relever ce défi. François-Bernard Huyghe auteur de "l'ennemi à l'ère numérique"est de ceux qui viennent de publier la guerre cognitive ou la guerre de la connaissance aux Éditions Lavauzelle. Si l'Intelligence économique après plusieurs tentatives infructueuses de mise en œuvre constitue sans aucun doute une des réponses aux enjeux du 21ème siècle comme le démontre Alain Juillet, l'infostratégie en est une deuxième. Dans notre monde moderne qui voit "l’influence géoéconomique et culturelle faire jeu égal avec le pouvoir des armes",  "le rôle dominant du fort est moins d’exprimer sa force par le feu que par la persuasion". Il faut donc s'intéresser de près aux nouveaux outils de la guerre économique, comme l'a fait Xavier Leonetti pour qui communication et désinformation sont devenues "les instruments tactiques de stratégies d'expansion et de domination. Le fait événementiel perdant de sa valeur au profit de ses répercussions médiatiques et économiques".

Le Marlin, nouveau sous-marin d'attaque conçu par DCNS, dérivé du Scorpène. Photo © DCNS.Marine et globalisation : « Dans notre monde hétérogène fermé, le renouvellement de notre pensée et de nos moyens doit se concevoir avec l’aide de Métis, l’intelligence rusée des Grecs, en s’appuyant sur les modes de pensée et d’agir de l’Asie et sur les raisons pour lesquelles ceux qui ont eu la maîtrise de l’Océan - espace mondial - ont toujours gagné sur les empires depuis 1763. Cela permettrait d’y combiner les nouveaux domaines de maîtrise mondiale indispensable que sont l’espace, l’information, le commerce international et les technologies d’avenir. » En écoutant le discours du Dr Nq Enq Hen, vice-ministre de la défense de Singapour, on a l'impression, à propos de "Stratégie", que le constat que dresse l'Amiral Guy Labouérie trouve plus d'écho en Asie qu'en France, pays qui a pourtant trois façades maritimes, comme si nous ignorions que 80% des échanges commerciaux dans le monde transitaient par voie maritime. Notre Correspondant en Asie, Patrice Théry, qui a suivi le salon naval IMDEX 07 nous parle du prochain programme majeur engagé par la marine singapourienne concernant la création d'une force sous-marine. Une décision qui s'explique par la volonté de Singapour de s'affirmer désormais comme une puissance régionale.

La Chancelière Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy à la Chancellerie. Photo © Regierung online/Bergmann.Nicolas Sarkozy, vu de l'étranger : Ils sont nombreux à penser que les Français auraient "plus voté pour l'homme que pour son projet", jugeant la France "pas encore prête pour un choc libéral" tel que celui que Madame Thatcher avait fait subir à la Grande-Bretagne. Comme le précise Matthew Parris dans le Times de Londres: « Si le pays souhaite la fin, il n'approuve pas les moyens ». En Allemagne, il est paradoxal de voir que si "la droite attendait Sarkozy", elle redoute aujourd'hui que ses réformes ne remettent en cause certains "acquis sociaux" en s'attaquant aux privilèges de certaines catégories, avec toutes les conséquences pour l'Allemagne d'une crise politique et sociale majeure en France. Dans ce premier papier d'une série à venir, Nicolas Sarkozy vu par les Allemands, une semaine après son entrée en fonction à l'Élysée, Michael Hellerforth nous fait connaître le sentiment et les attentes qui prévalent de l'autre côté du Rhin, où l'on a particulièrement apprécié le geste de sa visite à Berlin, le jour même de sa prise de fonction à l'Élysée et sa déclaration : pour la France, l'amitié franco-allemande est sacrée. Concrètement, c'est avec EADS et Airbus que les Allemands attendent, avant le grand rendez-vous du Bourget en juin, pour juger le nouveau président sur ses actes.

Estimation Ipsos, 20', Le Point, Europe 1 sur France 2 à 20 heures le 6 juin 2007. Photo Hugues Dumont.Politique française : En accordant 53,01% de leurs suffrages à Nicolas Sarkozy, les Français se sont donc clairement prononcés pour son programme au terme d'une longue campagne électorale, dont on peut imaginer qu'elle se traduira par un rajeunissement des hommes et par un changement de style. Dés son installation à l'Élysée, le nouveau président a désigné son Premier ministre: François Fillon, qui a formé son gouvernement. On retiendra la désignation d'Hervé Morin à la Défense, de Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur et celle de Bernard Kouchner aux Affaires étrangères et européennes. Quelque soit le consensus droite-gauche en la matière, la défense suscite en France un débat politique singulier comme le démontre Emmanuel Sérot dans un guide qui s'avère une clef précieuse pour les profanes. Après les engagements solennels pris par Nicolas Sarkozy de ne "pas baisser la garde", avec des budgets limités, la LPM pourra t-elle être respectée et l'effort financier maintenu? Qu'en sera t-il des réserves? Celle de l'armée de Terre après la professionnalisation est en train de rebondir avec l'esprit de renouveau qui habite l'ANRAT, même si elle est encore loin d'atteindre les objectifs... Que propose Nicolas Sarkozy en matière de défense nationale ? Antoine Philippe revient sur les propos du candidat Sarkozy.  

Alain Juillet, Haut Responsable Chargé de l'Intelligence économique au SGDN. Photo © Hugues Dumont. Intelligence économique : L’Intelligence économique : une réponse aux enjeux du 21ème siècle? La vision d'Alain Juillet est celle de "l'État-stratège" qui doit s’impliquer dans la démarche d’Intelligence économique, n'hésitant pas à concilier l'inconciliable. Alors que l'élargissement et la mondialisation semblent s'être transformés en "éléments déstabilisateurs" pour le modèle européen classique, comment retrouver l'équilibre entre dynamisme économique et dimension sociale ? Partisan d'une démarche plus "offensive" "dans une économie globalisée", comme l'exige toute compétition, que de mesures à "l’aspect purement défensif", Alain Juillet a pris son bâton de pèlerin, persuadé que l'Intelligence économique était bien une des réponses aux enjeux du 21ème siècle. A l’heure où celle-ci commence à être prise en compte par de nombreux acteurs, il était donc intéressant de faire un essai de synthèse des rapports, articles et autres réflexions de tous ceux qui en France et dans le monde essaient d’en dépasser la perception réductrice, pour l’intégrer dans une vision géopolitique du futur qui lui donne une toute autre dimension. Après plus de trois années passées sur le terrain depuis sa nomination en janvier 2004 comme "Haut Responsable Chargé de l’Intelligence économique" au SGDN, M. Juillet a réservé à la revue Défense le fruit de ses réflexions personnelles, en livrant quelques clés fort utiles pour approfondir les perspectives auxquelles il vaut mieux se préparer.

Marwan Lahoud, PDG de MBDA. Photo © MBDA.Armement : L'année 2006 a été marquée par quelques succès indéniables à l'exportation par quelques grands groupes français et européens. Mais elle aura été aussi fragilisée par des combats de coqs gaulois qui se sont avérés destructeurs dans certaines sociétés dont l'image de marque aura même été atteinte. La clé de la réussite tenant parfois à certains hommes, à ceux notamment qui savent "constituer autour d'eux une équipe respectueuse des différences et des compétences". Dans tous les domaines d'excellence qui touchent à la défense (aéronautique, espace, armement), parmi les grandes réussites mondiales, citons MBDA : une société au cœur des grands projets européens et son président Marwan Lahoud dont on parle pour seconder Louis Gallois en succédant à Jean-Paul Gut, sur le départ. Les experts de toute tendance reconnaissent que MBDA est devenue en quelques années un "modèle de société européenne intégrée". C'est sans doute pour toutes ces qualités que Marwan Lahoud a été choisi. A la création d’EADS en juillet 2000,  nommé Senior Vice President Mergers and Acquisitions, il était à ce titre en charge des opérations de fusions et acquisitions d’EADS, comme la création des sociétés Airbus, MBDA, Astrium et EDSN. La France possède encore des grands capitaines d'industrie que l'Europe et parfois les États-Unis nous envient. Le prochain rendez-vous du Bourget et le discours de clôture du nouveau Premier ministre devraient confirmer la volonté affichée par le président Sarkozy dans ce domaine, qui connaît déjà bien les volets économiques de ces dossiers, d'habituer les Français à une "culture de résultat". Cet article diffusé dans le revue Défense est reproduit ici avec l'aimable autorisation de son rédacteur en chef, Richard Labévière.

Char Leclerc au Liban. Photo ADJ Jean-Raphael Drahi © SIRPA Terre.Opérations extérieures : Sur les 37.000 militaires déployés hors de l'hexagone, 15.000 Français sont actuellement engagés dans des opérations extérieures (OPEX), principalement dans les Balkans, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan et au Liban. Mais avec l'envoi de la FINUL II renforcée au Liban, quelque chose a changé dans la gestion des crises, comme nous l'explique Joël-François Dumont. Les règles d'engagement sont plus claires, les consignes plus explicites et l'usage de la force armée n'est plus exclu, mais légitime pour faire respecter les termes du mandat donné par l'ONU qui n'est plus sujet à interprétation. Cette "révision à la hausse des règles d'engagement" est saluée par le G2S qui se félicite de voir "cette force" disposer "désormais d’une chaîne de commandement raccourcie et réactive, reliée à un centre opérationnel spécifique, totalement dédié à la mission, implanté au siège de l’ONU et armé par des militaires" d'autant que "la contribution de plusieurs pays de l’Union européenne devrait assurer à la nouvelle FINUL une colonne vertébrale solide constituée d’unités aguerries, aux capacités complémentaires, possédant une culture opérationnelle commune".

Patrouille en Côte d'Ivoire. Photo © 2ème Hussards.Renseignement :  Ces hommes sont des "capteurs humains" qui appartiennent au 2ème Régiment de Hussards, l'un de nos régiments d'élite exclusivement dédié à la recherche du renseignement d’origine humaine, véritable spécificité de l'AdT. Seul régiment de la Force d’Action Terrestre de ce type depuis le passage du 13ème Dragons Parachutistes au sein de la Brigade des Forces Spéciales, le 2ème Hussards fait partie de la Brigade de Renseignement basée à Metz, laquelle regroupe tous les capteurs renseignement spécialisés de l’armée de terre française. Les unités du 2ème RH se retrouvent dans toutes les OPEX. Leur rôle est d'infiltrer, généralement de nuit et dans la profondeur du dispositif adverse, des patrouilles de deux véhicules blindés légers sur les arrières ennemis pour "renseigner sur des objectifs clefs" comme le "pratiquaient en leur temps les patrouilles du Long Range Desert Group ou des SAS du Colonel Stirling, dont la compagnie française du Capitaine Bergé, dans les déserts égyptien ou de Cyrénaïque". Présent sur tous les théâtres d'opérations, le 2ème RH est un régiment moderne, considéré comme un modèle particulièrement bien adapté aux crises actuelles.

La Chancelière Angela Merkel: Photo: Regieerung online / Plambeck.Europe : Pour la première fois de son histoire, le pays de Goethe et de Bismarck est dirigé par une femme. Parfois comparée à Madame Thatcher surnommée "la dame de fer", Angela Merkel est pourtant d'un tempérament bien différent. Avec elle on pourrait imaginer "une main de fer dans un gant de velours". Ceux qui avaient compté ses jours à la Chancellerie avec une grande coalition CDU-CSU-SPD après la défaite de Gerhard Schröder, avaient sous-estimé sa pugnacité. Elle tient toujours la barre, "avec fermeté et avec le sourire". Ses homologues se sont vite rendus compte qu'Angela Merkel avait à la fois une méthode de gouvernement et une vision, ce qui explique sans doute aujourd'hui le succès qu'elle rencontre et l'estime dont elle jouit en Allemagne, mais aussi en France, comme dans le reste de l'Europe. Ses premières visites ont été symboliques : Bruxelles et Paris. A Strasbourg, devant le Parlement européen, elle a réaffirmé sa "foi" dans une Europe "qui choisit expressément les solutions européennes lorsqu'elle veut et doit agir ensemble pour faire face aux défis du XXIème siècle". Pour cela dit-elle, il faut "de la tolérance", si l'on veut trouver l'âme de l'Europe. Relever les défis posés par une "Europe qui doit certes reformuler son orientation vers l'extérieur", mais qui "doit aussi se redéfinir à l'intérieur" tout en garantissant "la prospérité, la croissance, l'emploi et la sécurité sociale", en préservant et en développant "le modèle européen de l'État providence".

Photo S. Farges (1914) - Archives © 61ème RA.Artillerie : L'artillerie française en un siècle et demi a été à l'origine de plusieurs inventions qui ont révolutionné l'art de la guerre, parmi lesquelles on compte au moins une vingtaine de systèmes d'armes innovants. C'est le cas du célèbre "canon de 75, modèle 1897", qui fut le premier canon à tir rapide au monde. Le "75", homologué en 1897, créa une révolution dans l'artillerie (les canons modernes utilisent toujours son système). Du célèbre canon de 75 à la révolution de l'information, le pas a été franchi par le 61ème RA, digne successeur des fameux "diables noirs" du 61ème RAC. Au sein du dispositif de la Brigade de Renseignement, ces artilleurs jouent un rôle essentiel. Ils disposent de toute une panoplie de drones tactiques, lents ou rapides, de missiles ou de bouches à feu diverses, ainsi que d'une cellule d’exploitation multisources et d'un système d’aide à l’interprétation multisources (SAIM), chargée de la réalisation de dossiers d’objectifs, incluant des images provenant de différents capteurs (satellites, drones, Mirage F1 CR, unité de recueil de renseignement d’origine humaine ou électromagnétique). De quoi préparer les opérations en évitant les dégâts collatéraux lors de frappes ou pour permettre un maximum d’efficacité lors d'opérations de recherche.

Manifestation devant les grilles du ministère de la défense. Photo © Jean-Michel Guhl.Désinformation : Il y a un an an, les médias s'emparaient de l'affaire de l'ex-Clemenceau, dans laquelle la France a été victime du "politiquement correct" comme l'a souligné Francis Vallat, président de l'Institut Français de la Mer. L'écume médiatique est aujourd'hui bien retombée, et l'ancien fleuron de la Royale continue d'être désamianté dans le port de Brest. Alors que Greenpeace France montait une campagne médiatique internationale, mettant en œuvre des moyens considérables, au même moment le responsable de Greenpeace États-Unis, John Passacantando, disait devant les caméras de France 2 que le fait que l'US Navy puisse couler le porte-avions USS Oriskany le 16 février 2006 au large de la Floride n'était "pas un problème". Déjà, l'un des plus gros porte-avions au monde, l'USS America avait été coulé le 14 mai 2005 par 2000 mètres de fond à 60 nautiques au large de la Caroline du Nord, sans que l'organisation écologique ne trouve à redire. On comprend pourquoi Ben Metcalfe, le fondateur de Greenpeace, se comparant au père de Frankenstein a pu écrire : « j'ai créé le monstre. Il nous a éliminé ». En tout cas l'image de marque et la crédibilité de Greenpeace en France en ont pris un sérieux coup. Aujourd'hui en Inde, de nombreux navires continuent d'être désamiantés, comme par le passé, dans une indifférence générale. C'est à se demander où sont passés nos "journalistes d'investigation" et démontre à quel point cette ONG est capable d'être sélective. 

 

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