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Maintenant, il faut aller de l'avant déclare Bush sur France 3 Avant de se rendre en Europe pour participer au sommet du G8 et d'effectuer une importante tournée diplomatique au Proche-Orient, le président George W. Bush, a bien voulu accorder un nouvel entretien exclusif à Christian Malar, rédacteur-en-chef et éditorialiste de politique étrangère à France 3. Celui-ci s'est déroulé dans la bibliothèque de la Maison-Blanche le 29 mai 2003. L'entretien qui suit a été diffusé dans le Soir 3 du 29 mai 2003 présenté par Christophe Poullain. La version originale a été également diffusée intégralement par plusieurs grandes chaînes de télévision américaines comme CNN ou NBC. Plusieurs extraits de cet entretien ont également été repris par de nombreuses chaînes de télévision françaises (TF1, France 2) et étrangères. Images: Tina Hager, Service Photo de la Maison-Blanche (Ó) Courtoisie Christian Malar et France 3.
Chritophe Poullain, présentateur de Soir 3 Chritophe Poullain : Comme je vous le disais dans les titres de cette édition, à la veille de sa venue au sommet du G8 à Evian, le président George W. Bush a accordé un entretien exclusif à France 3. Le président américain évoque la situation en Irak et le plan de paix international au Proche-Orient. Mais, avant cela, vous allez l'entendre, il confie à Christian Malar, qu'il souhaite tirer un trait sur le différend qui oppose les Etats-Unis et la France depuis la guerre en Irak.
Christian Malar, rédacteur-en-chef à France 3 Christian Malar : Monsieur le Président, allez-vous pardonner son attitude à la France dans le conflit irakien ? Qu'allez-vous dire à Jacques Chirac quand vous allez le voir face à face ? Ëtes-vous encore furieux contre lui ? Allez-vous prendre des sanctions contre la France ?George W. Bush : Non, non, pas de sanction. Je ne suis pas furieux. Juste déçu. Les Américains sont déçus. Et maintenant, il est temps d'aller de l'avant.
George W. Bush, Président des États-Unis d'Amérique Il y a beaucoup de points sur lesquels nous devons travailler ensemble. Je sais que Jacques Chirac s'intéresse très fortement à l'Afrique. Moi aussi. On peut travailler ensemble sur le SIDA. Je viens de prendre sur ce point une grande initiative. Le Congrès a accepté une aide de 15 milliards de dollars sur 5 ans. Je travaille de près sur cela. Et ce sera là une bonne occasion pour les États-Unis et la France de travailler ensemble pour résoudre des problèmes graves. Je vais rappeler à Jacques Chirac ainsi qu'à d'autres qu'on peut faire beaucoup plus ensemble. Je comprends qu'on n'ait pas pu être d'accord avec notre politique en Irak. Mais maintenant, il faut aller de l'avant.
Christian Malar : Concernant le carnet de route pour la Paix au Proche-Orient, vous allez rencontrer la semaine prochaine les principaux protagonistes de la crise. Comment espérez-vous réussir concrètement là où vos prédécesseurs ont échoué ?George W. Bush : Tout d'abord, j'apprécie le fait que Jacques Chirac ait compris que je devais quitter Evian un jour plus tôt que prévu pour me rendre au Proche-Orient où je vais d'abord rencontrer des chefs d'États arabes amis et d'autres, et je vais leur rappeler qu'ils ont une responsabilité dans le processus de paix et dans la réalisation de cette paix.
En premier lieu, certains doivent arrêter de financer quelques groupes terroristes qui veulent détruire ce processus de paix. Deuxièmement, je suis convaincu que le nouveau Premier ministre palestinien est déterminé à vaincre la terreur pour créer un Etat palestinien. Et les institutions nécessaires valables pour cet Etat. Je suis très encouragé par sa façon de faire.
Enfin, troisièmement, je crois qu'Israël reconnaît qu'il est dans son intérêt de supporter la notion de deux États vivant côte à côte en paix. Je serai le premier président à avoir proposé cela. Je l'ai fait aux Nations Unies et c'est ma vision du Moyen-Orient, sachant que le processus sera difficile. Mais je crois maintenant que les gens voient la nécessité de parvenir à ce résultat. Christian Malar : Monsieur le Président, que répondez-vous à la presse américaine qui reproche à votre administration de ne pas encore avoir prouvé l'existence d'armes de destruction massives en Irak ?
George W. Bush : Ils n'ont pas du faire attention, car nous avons découvert des laboratoires biologiques mobiles. Ceux là mêmes dont Colin Powell a parlé aux Nations Unies. Des laboratoires interdits par les résolutions des Nations unies.Christian Malar : La situation en Irak est loin d'être stabilisée. On a vu ces derniers jours encore des soldats américains tués. Craignez-vous la montée de l'intégrisme islamique dans cette région contre l'Occident, les États-Unis, et craignez-vous le risque de voir émerger une nouvelle république islamique soutenue par le voisin iranien ?George W. Bush : Non, ,je n'ai pas peur de cela. Je pense que les Irakiens veulent diriger leur propre Etat. Ils n'ont pas besoin d'avoir un régime soutenu par l'Iran. Je crois les Irakiens tout à fait capables de gérer leurs propres affaires.
La démocratie ne va pas naître en une nuit. Je ne m'y attendais d'ailleurs pas, dans un pays ravagé par un dictateur brutal, qui a tué et torturé pour se maintenir au pouvoir. Les Irakiens viennent d'être libérés de Saddam Hussein. Cela va prendre du temps. J'ai dit à Jerry Bremer, mon représentant, qu'il faudra de la patience. Il nous faut améliorer la vie des Irakiens. Il n'y a pas que les États-Unis, il y a beaucoup de gens qui sont impliqués dans la reconstruction de l'Irak. Et quand la vie reviendra à la normale, et dés que l'on contrôlera entièrement la situation à Bagdad, ses assassins et ceux qui répandent la terreur, dés que l'on aura restauré la sécurité dans la région, vous verrez, un bon régime démocratique émergera là-bas sur place.
Christian Malar : Monsieur le président, êtes-vous préoccupé par les réseaux d'Al Qaida qui, à partir d'Iran, préparent des attaques contre des cibles américaines ?George W. Bush : Oui, nous sommes concernés par le fait qu'Al Qaida opère à partir de l'intérieur de l'Iran et nous avons clairement fait part de notre préoccupation. Et je le réitère aujourd'hui. Nous attendons de l'Iran qu'ils arrêtent et renvoient ces gens d'Al Qaida vers leurs pays d'origine. Ma préoccupation maintenant est de trouver les réseaux d'Al Qaida partout où ils se trouvent et de les traduire en justice. Et nous attendons que d'autres nous rejoignent.
Et sur ce point, je veux féliciter la France qui nous a rejoint dans ce combat contre Al Qaida. Il fait bon travailler avec les services de renseignement français. Nous avons partagé beaucoup d'informations qui rendent la France et les États-Unis plus sûrs. Et pour cela, j'en remercie la France.
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